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Le haïku
Le haïku est la forme poétique la plus brève qui existe.

Il s 'agit d'écrire une bribe de réalité en quelques mots seulement, généralement disposés en trois lignes.

Le haïku aime l'épure et le concret, fuit le lyrisme et l'abstraction mais pas l'émotion.

Cette forme poétique est née au Japon. Le haïku a souvent été associé au bouddhisme zen par une tradition qui allie méditation et humour.

" Ma vie a changé le jour où mon amie Anne-Lise m'a fait découvrir le haïku. Dites Aïe, comme si vous vous pinciez dans une porte, ou que vous vous brûliez méchamment sur la cuisinière. Et Cou, eh bien comme si vous tendiez le cou pour voir par-dessus une foule de curieux. Aïe-Cou. C'est japonais"

(Marie Desplechin : Yügen (Mystère ineffable) in " Trop sensibles" Points Seuil)


Exemple d'un haïku classique (XVIIIe) :

Ce mur quelle fraîcheur

Contre la plante de mes pieds

Pendant la sieste

(Matsuo Bashô)
Son histoire est très ancienne mais le genre s'adapte formidablement bien à la modernité. Le haïku contemporain est polyglotte et a une vocation planétaire. Il se plaît sur l'internet.
Portable, miniature, et à connexions multiples, cette poésie nomade semble taillée pour notre époque. Simple et libre comme l'air, le haïku est de son temps et le dépasse. Il connaît le lâcher-prise et l'art de l'esquive. Il contracte l'instant pour mieux le dilater. Fluant et invariant. Concret et allusif. Fulgurant. Désinvolte.
"Il faut continuer à égrener ces choses simples qui sont au fondement même de la vie. Trop simples peut-être. Trop évidentes pour nos esprits soupçonneux, toujours préoccupés des multiples "arrières-mondes" qui ont ponctué la tradition occidentale. Et pourtant la vie est là. Elle est vécue. Il faut donc savoir la dire"


(Michel Maffesoli, L'Instant éternel )